La problématique des glucides

Où se situe la problématique des glucides s’ils sont, comme je vous le disais dans le texte d’octobre, aussi essentiels pour le cerveau et notre système nerveux ?

D’abord d’un point de vue historique, c’est 7 siècles de commerce dans le monde entier basé sur l’esclavage. 13 millions d’africains arrachés à leur pays pour aller travailler dans les plantations de canne à sucre.
C’est ensuite tout un développement industriel et commercial (Portugal, Espagne, Angleterre, France et Hollande) érigé sur les taxes du sucre.
Vers la fin du 18e siècle, alors que la consommation européenne de sucre a grimpé d’1 ou 2 pincées par-ci par-là à plus d’un million de kilos par an en Angleterre par exemple, commence parallèlement la grande incarcération des fous et l’histoire de la folie est en train de s’écrire, étrangement parallèle à celle du sucre. (M. Foucault – Histoire de la folie)
Pour donner une idée de la portée de ce changement considérable dans l’alimentation de l’être humain voici quelques chiffres :
La consommation de sucre des Français est relativement stable depuis des années avec une consommation qui varie de 25 à 35 kilos de sucre par Français. Une consommation de sucre bien supérieure à la moyenne mondiale, qui avoisine les 20 kg, mais moins que les 85 kg à Singapour.
De plus ces sucres aujourd’hui correspondent surtout à des sucres au « gout sucré » et pas assez à des sucres « amidonnés »
L’équilibre entre les 2 types de sucres devrait être de 80 à 85 % pour les index bas et de 15 à 20% pour les index élevés.
À l’état normal, le taux de glucose est de 1g par litre de sang. Au-delà de 1,20 g par litre de sang à jeun on parle d’hyperglycémie. En dessous de 0,70 g par litre on parle d’hypoglycémie.image
Le corps subit des variations faibles de la glycémie qui sont normales, mais qui au-delà de certaines limites deviennent anormales.

Les conséquences du raffinage du sucre

Pour extraire le sucre de la betterave et de la canne à sucre, on les porte à haute température et les vitamines n’y résistent pas. De même les sels minéraux et ferments sont détruits au cours des multiples interventions mécaniques et opérations chimiques de raffinage. Et pourtant on sait que le saccharose pour être dédoublé en sucres simples et assimilé par l’organisme a besoin d’enzymes, des sels minéraux et de vita mines.

Les désordres du sucre raffiné

Je pense que vous connaissez tous plus ou moins les répercussions que peut occasionner cette consommation de sucre raffiné. Mais un petit rappel ne fait pas de mal.

  • De la fatigue d’abord. Les végétaux fournissent un sucre vivant accepté ou reconnu par les cellules de notre organisme, ce qui n’est pas le cas du sucre raffiné. L’organisme pour assimiler ce produit raffiné doit faire une importante dépense d’énergie ce qui donne l’illusion d’une stimulation mais ce n’est qu’une excitation qui à la longue épuise les organes.

  • Un affaiblissement des défenses, le sucre raffiné en tant que corps étranger non reconnu par l’organisme est considéré comme un ennemi et celui-ci s’en défend en envoyant des globules blancs au moment de la digestion. Cette mobilisation – qui peut être très importante – n’est alors plus disponible pour lutter ailleurs.

  • Apparition d’un état de nervosité, le métabolisme du glucose nécessite de la vitamine B1. Or cette vitamine disparaît lors du raffinage du sucre et l’on sait que sa carence peut entraîner des déséquilibres nerveux.

  • Acidification, lors de sa digestion intestinale, le sucre raffiné produit de l’acide oxalique.

  • Déminéralisation, pour être assimilé le sucre industriel à besoin de calcium. Il va donc mobiliser et «voler» le calcium de l’organisme.

  • Diabète, le pancréas peut devenir impuissant à transformer, grâce à l’insuline, tout le sucre apporté par l’alimentation et le taux de sucre sanguin augmente dangereusement qui mènerait à la mort si il n’y avait pas l’insuline artificielle.

Avec le sucre, on pense d’abord diabète,

mais l’hypoglycémie réactionnelle qui est un déséquilibre sournois a des conséquences graves car elles neimages-1 sont pas immédiatement perceptibles et l’hypoglycémie peut rester non diagnostiquée pendant toute une vie.
L’hypoglycémie réactionnelle fait suite à une hyperinsulinémie causée par une consommation trop importante d’aliments sucrés. Le pancréas qui a secrété beaucoup d’insuline pour retirer le sucre du sang fait baisser le taux de sucre dans le sang de façon trop importante et c’est l’hypoglycémie… avec son coup de barre de 11 heures qui incite à consommer à nouveau du sucre. Ce sucre va certes calmer le malaise, mais déclenchera une nouvelle décharge d’insuline, ce qui entraîne la mise en route d’un cercle vicieux.
Le stress chronique engendre aussi une hypoglycémie fonctionnelle. Peur, insécurité, jalousie, solitude, manque d’amour … de façon prolongée et répétée entraine les glandes surrénales à produire de l’adrénaline qui libère le sucre jusqu’à épuisement des réserves du foie et c’est l’hypo.
L’adrénaline sécrétée pour faire face au stress envoie des signaux de faim, d’anxiété, d’irritabilité. Pour répondre à cette demande on va manger, mais une fois les réserves utilisées les signaux reviennent installant aussi un cercle vicieux.
L’absence de satisfaction, de défis, de buts, la monotonie produit une hypoglycémie au cours de laquelle le glucose ne baisse pas assez pour produire des symptômes mais ne monte pas non plus assez pour apporter joie de vivre, motivation… car le cerveau subit une demi-famine chronique.
L’hypoglycémie se traduit avant tout par des troubles d’ordre mentaux et nerveux. Les symptômes d’une hypoglycémie sont les signes de détresse d’un cerveau et d’un système nerveux qui ne peuvent transmettre leurs ordres correctement au reste du corps.
Un taux de glucose inadéquate et le cerveau ne fonctionne plus correctement, on devient tendu, fatigué. Les compétences sont en baisse et le gout de vivre aussi avec son lot d‘amertume et de tristesse. Une chute du taux de glucose entraîne des troubles de la personnalité à l’infini.
Il est important de faire le lien entre le sucre et notre vie. Le cerveau est le siège de notre personnalité. Il n’y a pas une pensée, une seule émotion, pas un sentiment, un désir qui ne soit le résultat de réactions biochimiques du cerveau. Toutes nos activités ont leur siège dans le cerveau et le glucose en est l’élément vital.

« Aujourd’hui les pionniers de la psychiatrie orthomoléculaire (Dr A. Hoffer, A. Colt, A. Cheraskin, et L. Pauling) ont confirmé que la maladie mentale est un mythe et que les désordres émotifs peuvent tout simplement n’être que les premiers symptômes de l’incapacité évidente du système humain à supporter le stress de la dépendance au sucre » (Dusty William – Sugar Blues)images